«Je pars le cœur plein de souvenirs» : après 30 ans à l’Opéra de Nice, le chef de Chœur Giulio Magnanini clôt sa partition
Par Jacques Paugam, Le Figaro Nice
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Arrivé en 1994 au sein de la prestigieuse institution, le musicien qui s’est produit partout dans le monde prend désormais la direction du Chœur de l’Opéra de Gênes.
Passer la publicité Passer la publicitéLa boucle serait-elle bouclée pour Giulio Magnanini ? Le chef des chœurs à l’Opéra de Nice conclura sa carrière francophone par une ultime représentation de La Traviata, le célèbre opéra de Verdi, ce samedi soir. C’est déjà avec cette œuvre qu’il était monté sur scène pour la première fois, en 1997, dans l’impressionnant bâtiment du théâtre lyrique situé dans le Vieux-Nice, non loin de la promenade des Anglais.
« C’est beaucoup d’émotions. Après tout, c’est plus de la moitié de ma vie. J’y ai tellement appris », souligne le musicien qui part pour rejoindre l’opéra de Gênes après plus de 30 ans au service du Chœur de l’Opéra de Nice. Arrivé d’abord en 1994 au sein de cette institution comme assistant du chef de Chœur, Dante Ghersi, il finira par lui succéder après la disparition de ce dernier remplacé au départ par Jean Laforge. À partir de 1997, c’est donc à Giulio Magnanini que revient la charge d’animer ce collège d’une quarantaine de chanteurs professionnels. Ensemble, ils participent aux concerts de l’Orchestre philharmonique de Nice mais aussi à des manifestations exceptionnelles aussi bien en Italie qu’en Russie ou en Chine. « Humainement et musicalement, nous avons vécu des choses très fortes avec une équipe à laquelle je tenais beaucoup », témoigne l’artiste.
Passer la publicitéRappeur Luidji et hymne des supporters niçois
En 2016, le Chœur chante au Vatican à l’occasion de la réception par le Pape François des familles des victimes de l’attentat du 14 juillet 2016. À l’approche de la commémoration des dix ans, Giulio Magnanini évoque avec émotion les « visages » des enfants de familles endeuillées qui ont depuis grandi mais se retrouvent chaque année pour l’hommage rendu aux victimes que le Chœur accompagne. « Je vous assure que de les revoir alors que certains ont eu leur baccalauréat, c’est extrêmement touchant », raconte Giulio Magnanini.
« Je me sens vraiment chez moi à Nice. C’est une ville que j’affectionne énormément », ajoute ce natif d’Imperia en Italie qui a étudié la musique classique et le piano aux conservatoires de Gênes et de Turin. Loin d’être figé dans les canons du classique, le musicien aborde le chant lyrique comme une matière vivante. Avec ses musiciens, il accompagne en 2024 le rappeur Luidji pour une interprétation revisitée de ses titres empreints de sonorités gospels sur la scène de l’Opéra de Nice. La même année, il s’illustre dans un nouveau registre avec l’interprétation de Nissa la bella, l’hymne des supporters niçois, dans l’enceinte du stade de la ville, Allianz Riviera, à l’occasion d’un match de l’OGC Nice. « Je pars le cœur plein de souvenirs et de beauté », confie-t-il alors que son successeur sera désigné à l’issue d’un concours.
« Je veux saluer son talent, son exigence artistique et son engagement au service du rayonnement culturel de notre ville. Merci pour ces années consacrées à l’excellence de l’Opéra de Nice », a écrit le maire Éric Ciotti sur X.
