Les tout premiers bénéficiaires du leasing social dans le flou sur le renouvellement de leur contrat
Par Clément Gros
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TÉMOIGNAGES - Les pionniers du leasing social, ayant commencé leur contrat en 2024, sont dans l’incertitude quelques mois avant de rendre les clés. Ils se disent par ailleurs globalement satisfaits par le dispositif.
Passer la publicité Passer la publicitéC’est reparti le 16 juillet, pour une troisième édition du leasing social, cette location longue durée de voiture électrique subventionnée par l’État, réservée aux foyers modestes, avec un loyer plafonné à 200 euros par mois sans apport. Sur les blogs dédiés au dispositif, cela s’agite déjà. Les candidats potentiels ont des questions pour ceux qui avaient sauté le pas à l’hiver 2024 et dont les contrats arrivent aujourd’hui en bout de course. Est-ce un bon plan ? Et si c’était à refaire ?
Oui et oui, pour 90% des commentaires que nous avons consultés. « 4000 euros pour une voiture neuve pendant trois ans, le tarif est imbattable », résume un internaute. « [Après avoir eu recours à ce leasing], j’espère ne plus jamais avoir de voiture thermique », tranche un autre. « À 140 euros par mois, sans apport, sans carte grise à payer, c’est vraiment incroyable», juge David, 56 ans, avec qui Le Figaro a échangé par téléphone.
Passer la publicitéPourtant, deux mois avant l’ouverture du dispositif, en février 2024, cet habitant de la région dijonnaise était plutôt sceptique sur l’électrique. « J’ai essayé la Tesla d’un ami et j’ai été bluffé, donc quand j’ai entendu parler de ce dispositif je n’ai pas hésité une seconde. » David charge chez lui pour 13 centimes le kilowattheure, soit 20 à 30 euros par mois d’électricité, là où il dépensait 150 euros d’essence. Sa dernière révision s’est élevée à 75 euros, vérifications et mise à jour logicielle, se vante-t-il presque.
Même constat financier pour Romain. «Une charge, c’est 8 euros. Un plein sur le véhicule thermique, c’était 80 euros passés». Sur le papier, le leasing social cochait donc toutes les cases. Mais lui juge que l’autonomie de sa voiture est contraignante, et que le coût de l’entretien demandé par le concessionnaire est trop élevé. Au final, il ne roule pas assez «pour y trouver son compte» et préfère revenir à sa Clio 3 essence, moins coûteuse à l’usage.
Des questions et des griefs
Reste aussi les interrogations qui traversent les discussions : que se passe-t-il une fois les trois ans écoulés ? Beaucoup avaient compris que le contrat serait renouvelable, voire reconductible dans les mêmes conditions, mais ne trouvent aucune trace explicite de cette promesse dans leurs papiers ? «Dans les textes de présentation, on nous avait dit que l’on pouvait prolonger une autre fois, sauf que les concessionnaires ne l’ont pas marqué dans notre contrat», explique Damien qui a signé au printemps 2024 pour une Opel Mokka. David nous le confirme également dans la même tonalité.
Chez les 10% de mécontents, le kilométrage et la relation avec les concessionnaires concentrent l’essentiel des griefs. Un des internautes des blogs dédiés au leasing social prévoit ainsi « 5 000 kilomètres de dépassement » à la restitution et s’inquiète d’avance de la facture : « c’est compliqué de rendre un véhicule neuf au bout de trois ans, même en en prenant soin». « Il faut bien lire les contrats. Les kilomètres peuvent être modulés», explique Damien. Lui pointe également des formulations ambiguës sur « l’usure normale » du véhicule et a préféré budgétiser 1000 euros pour éviter les mauvaises surprises au moment de la restitution. À chacun sa méthode.
