Au salon de Dubaï, Airbus et Boeing font quasi jeu égal
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Le géant européen a engrangé 200 commandes contre 184 pour son concurrent américain. Ce dernier conserve son avance sur le terrain commercial cette année.
Passer la publicité Passer la publicitéLes jeux sont quasi faits pour Airbus et Boeing en 2025. Du moins sur le terrain commercial, avec les commandes et intentions d’achat annoncées dans le cadre du salon aéronautique de Dubaï, qui a refermé ses portes ce vendredi. Le géant européen repart du Moyen-Orient avec 200 contrats supplémentaires, surpassant de peu son concurrent américain, qui en a engrangé 184. Boeing conserve son avance, acquise grâce au «volet avion» des accords commerciaux signés par Donald Trump (pour éviter des droits de douane prohibitifs, les pays s’engagent à acheter des Boeing). Avec 836 contrats signés à fin octobre, contre 722 pour Airbus, Boeing fait la course en tête, inversant la tendance de ces dernières années.
Airbus (585 livraisons à fin octobre) devrait, en revanche, conserver son rang de numéro un mondial de l’aéronautique civil, avec environ 820 livraisons en 2025, loin devant Boeing (493 à fin octobre) qui ne s’est pas fixé d’objectif annuel. Or, ce sont bien les livraisons qui sont l’indicateur clef de l’activité, car elles «font» le chiffre d’affaires et les bénéfices, les compagnies réglant plus de 70% du prix d’acquisition à la réception d’avions commandés des années plus tôt.
Passer la publicitéÀ Dubaï, ce sont principalement les compagnies locales - Emirates et Flydubaï - qui ont été au cœur des annonces. Airbus y a continué sa conquête de clients historiquement fidèle à Boeing, en signant avec Flydubaï une commande ferme portant sur 150 avions de la famille A321, pour une valeur estimée à 24 milliards de dollars, assortie d’une option sur 100 appareils supplémentaires. Ce qui confirme l’attractivité de l’A321, avec ses versions LR et XLR capables de franchir des distances (8 700 km) auparavant réservées aux seuls long-courriers, pour les coûts d’exploitation d’un moyen-courrier, notamment en réduisant de 30% la consommation de carburant.
Soutien d’Emirates au 777-9
En face, Boeing qui n’a toujours pas certifié son 737 Max 10, la plus grande version de son avion vedette, doté d’un rayon d’action de 7 300 km. «L’A321 offre une opportunité très unique d’expansion», a déclaré Ghaith Al Ghaith, PDG de Flydubaï, saluant l’autonomie de vol de 9 heures de l’avion, qui permet d’ouvrir de nouvelles destinations depuis Dubaï. Vingt-quatre heures plus tard, la compagnie à bas coût a montré qu’elle ne lâchait pas pour autant Boeing. Elle a annoncé «un accord préliminaire» pour acheter 75 Boeing 737 MAX supplémentaires, pour quelque 13 milliards. Aux termes de l’accord, le client pourra choisir ultérieurement quel modèle il acquiert.
De son côté, Emirates, la plus grande compagnie du Golfe, a déclaré vouloir acheter 65 nouveaux 777-9, la version modernisée du gros-porteur américain (pour 38 milliards), dont elle a déjà commandé 210 exemplaires. Un signe manifeste de soutien de la part du premier client de ce modèle, qui n’est toujours pas certifié, et dont les premières livraisons accusent un retard de sept ans sur le calendrier initial. Ce retard a contraint Emirates à rénover une partie de sa flotte, ce qui lui a coûté «un peu plus de 6 milliards». Emirates a, de nouveau, mis la pression sur Boeing pour qu’il développe une plus grande version du 777-9, pour remplacer ses A380 qui doivent être progressivement retirés de sa flotte. Satisfaite de ses A350 (en version 900), cette dernière a aussi passé commande de 8 long-courriers européens, pour 3,4 milliards. Mais contrairement aux spéculations, elle n’a pas acheté la plus grande version (1000) de l’A350.
