«Chocolat», «tomate», «coyote»... Ces mots français qui nous viennent du Mexique
Par Romain Ferrier
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À l’occasion du bicentenaire des relations diplomatiques entre la France et le Mexique, découvrez nos mots venant du pays des Aztèques.
Passer la publicité Passer la publicitéCette année, Paris et Mexico célèbrent le bicentenaire de leurs relations diplomatiques, notamment via le festival culturel «la gran fiesta franco-mexicana» à l’automne 2026, annoncé par le président Emmanuel Macron. Une occasion en or pour revenir sur les mots mexicains présents dans notre vocabulaire !
Bien avant que les deux nations nouent des liens officiels, la conquête du Mexique par les Espagnols, au XVIe siècle, avait déjà transmis certains vocables via le nahuatl, la langue des Aztèques. Le Figaro a sélectionné six exemples que nous utilisons quotidiennement, et qui sont majoritairement issus du domaine alimentaire.
Passer la publicitéUn carré de xocolātl ?
Sans doute le mot mexicain le plus savoureux présent dans la langue française. Le TLFi (Trésor de la langue française informatisé) en relève la première occurrence en 1598, sous la graphie «chocolate», dans L’Histoire naturelle et morale des Indes du missionnaire et naturaliste espagnol José de Acosta. Le terme vient du nahuatl, supposément «xocolātl» par l’intermédiaire de l’espagnol «chocolate» et serait la combinaison de «xocol» («amer») et de «atl» («eau»), son sens premier désignant une boisson amère à base de cacao. Ce n’est que progressivement, à mesure que les Européens y ajoutèrent du sucre et du lait, que le mot a caractérisé la douceur qu’on connaît aujourd’hui.
Rouge comme une tomatl
Le fruit charnu tient son nom de l’espagnol, lui-même emprunté du nahuatl «tomatl» de même sens, comme le note le Dictionnaire de l’Académie française. La première attestation en français remonte au XVIe siècle, précisément en 1598, lorsque la tomate est introduite en Europe. On en retrouve alors la trace de nouveau dans… L’Histoire naturelle et morale des Indes de José de Acosta.
L’entrée au Dictionnaire de l’Académie n’interviendra qu’en 1835, après des siècles de concurrence avec les noms populaires de «pomme d’amour» ou de «pomme d’or». En nahuatl, c’est en réalité le mot «xitomatl» qui désigne le fruit que nous connaissons sous ce nom, le «tomatl» originel désignant la tomatille (Physalis ixocarpa). Une subtilité que l’espagnol des conquistadors n’a pas pris la peine de conserver…
L’auacatl du diable
Le Dictionnaire de l’Académie française date le mot «avocat» au XVIIe siècle et précise qu’il est emprunté par l’intermédiaire de l’espagnol «abogado, avocado», du nahuatl «auacatl». Selon une étymologie populaire, le terme désignait également, par métaphore avec sa forme, les testicules en nahuatl. Une origine contestée, certains linguistes rappelant que les termes pour parler de cet organe seraient plutôt «atetl», «pactli» ou «chiquiztli».
Et quel lien y a-t-il entre le fruit et l’homme de loi ? Manifestement aucun d’un point de vue étymologique, le défenseur venant du latin «ad» (vers) et «vocatus» (appelé), soit «celui qui est appelé à assister quelqu’un en justice», selon le Dictionnaire de l’Académie française. Ce ne sont que de simples homonymes.
Passer la publicitéPartir en tlacacahuatl
Le Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi) explique que «cacahuète» est un emprunt au nahuatl «tlacacahuatl», composé de «tlalli» (terre) et «cacahuatl» (cacao), soit le «cacao de terre». Passé en français via l’espagnol «cacahuete» (arachide), il est attesté sous la forme «cacahuète» pour la première fois en 1801.
Bip Bip et Coyotl
Il est le seul mot de cette liste à ne pas désigner un aliment. Attesté au XIXe siècle selon l’Académie française, «coyote» est d’abord emprunté de l’espagnol du Mexique, lui-même venant du nahuatl «coyotl». Mammifère carnivore d’Amérique du Nord et d’Amérique centrale, il est apparenté au loup gris. Leur croisement porte par ailleurs le nom de «coyloup».
