«Vi0l», «dévivanter», «g@y»... Comment les internautes détournent la censure des algorithmes avec l’algospeak
Par Romain Ferrier
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ENQUÊTE - Substitution de lettres, émojis, métaphores… Sur TikTok ou X, les internautes ont développé tout un vocabulaire codé pour échapper à la modération automatique.
Passer la publicité«Depre$ion», «dévivanté», «S*XE»… Comprenez-vous l’algospeak ? Sur TikTok, Instagram ou X, cette nouvelle langue s’est imposée dans les échanges numériques pour aborder des sujets jugés sensibles.
Contraction des mots anglais «algorithm» et «speak» («parler»), ce vocabulaire parallèle s’est développé pour permettre aux internautes de contourner les systèmes de modération automatique des plateformes. Un phénomène à double tranchant qui, selon ses usages, peut aussi bien protéger la liberté d’expression que mettre en danger les plus vulnérables.
À lire aussi Comment TikTok influence le vocabulaire
Pour comprendre ce qu’est l’algospeak, il faut d’abord comprendre ce qu’il cherche à fuir. Les plateformes comme Instagram ou TikTok ont mis en place des systèmes automatiques capables de détecter certains mots jugés sensibles (liés à la violence, à la sexualité, au suicide, aux discours haineux etc.), et de réduire la visibilité de ces contenus, voire de les supprimer. «L’algospeak désigne l’ensemble de ces tactiques servant à contourner la modération…
