«Geste scripteur» : le ministre de l’Éducation nationale moqué pour son jargon pédagogique
Par Le Figaro
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Interrogé mardi sur l’importance de l’écriture à l’école, Édouard Geffray a déclenché une vague de railleries sur les réseaux sociaux en utilisant l’expression technocratique «geste scripteur».
Passer la publicité Passer la publicité«Il faut qu’on retravaille en classe sur le geste scripteur. Il faut que nous fassions rédiger à nos élèves des phrases complètes, de la majuscule jusqu’au point.» À l’occasion d’une session de questions au gouvernement, mardi 26 mai à l’Assemblée, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray s’est attiré des railleries sur les réseaux sociaux en employant l’expression «geste scripteur» au lieu d’«écriture».
Le ministre répondait à une question de la députée Géraldine Bannier (MoDem), qui rappelait que se tenait la deuxième édition de la Fête de l’écrit du groupe La Poste. «Cet événement national est l’occasion de renouer avec le plaisir d’envoyer des cartes postales, de découvrir la calligraphie, ou de faire le point sur ses connaissances en langue française».
Passer la publicitéLa députée a également rappelé que le ministre avait insisté sur l’importance de l’écrit pour l’obtention du bac. «C’est l’occasion de vous interroger sur ce que fait l’Éducation nationale, dès les premières classes, pour que se perpétue le geste de l’écrit».
«Bienvenue au pedagogistan»
En répondant, Édouard Geffray a affirmé avoir fait «de la maîtrise du langage, et du raisonnement scientifique, les deux piliers de [sa] circulaire de rentrée et plus généralement de [son] action pédagogique».
«Et j’insiste sur la maîtrise du langage, au sens complet du terme, c’est-à-dire de pouvoir jouer sur la lecture, sur l’écriture et sur le lexique. [...] Il faut qu’on retravaille en classe sur le geste scripteur. Il faut que nous fassions rédiger à nos élèves des phrases complètes, de la majuscule jusqu’au point».
Si le sujet est primordial à l’approche de la rentrée, la novlangue du ministre saborde quelque peu sa réponse. «Vous êtes sûr que ça va bien ?», s’est interrogé sur X le journaliste de L’Express Jean-Dominique Merchet. «Il nous faudra bientôt un traducteur automatique, novlangue - français, pour comprendre le charabia que ces zigomars baragouinent…», affirme un autre internaute.
«Bienvenue au pedagogistan», peut-on encore lire sur le réseau social. Un autre utilisateur fait le parallèle avec le fameux «bloc mucilagineux à effet soustractif», soit la gomme, ou la «vigilance orthographique», autre vocable farfelu désignant la dictée.
Passer la publicitéIronie du sort, le ministre a conclu sa réponse en affirmant qu’il y avait «un enjeu de souveraineté personnelle et collective à ce que la maîtrise du langage soit pleinement assumée». Peut-être cela passe-t-il par la fin du jargon inutile de l’Éducation nationale ?
