Jonathan Siksou : « Pouvoir et festins ont toujours été liés dans l’histoire de France »
Par Eugénie Boilait
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ENTRETIEN - Dans Triompher en festins (Perrin), l’écrivain raconte avec une plume joyeuse et rigoureuse l’histoire de France en vingt repas. Ce faisant, il dessine peu à peu les traits d’un pouvoir qui s’appuie sur la gastronomie, autant qu’il la célèbre.
Passer la publicitéLE FIGARO. - En quoi, selon vous, pouvoir et festins sont-ils liés ?
Jonathan SIKSOU. - La puissance militaire ou politique des hommes a toujours été accompagnée d’un festin, d’une véritable profusion alimentaire. Et cette profusion a fasciné de l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle. On parlait ainsi de « gâchis symbolique » - notion aujourd’hui perdue. Concrètement, on servait volontairement bien plus de nourriture que nécessaire par rapport au nombre de convives : c’était une façon claire de montrer sa richesse.
D’autant que, dans l’histoire de l’humanité, on n’a pas toujours mangé à sa faim, alors avoir une table somptueuse était déjà en soi une démonstration de puissance. Mais avec une subtilité bien sûr, car c’est une démonstration de force pacifique. On peut inviter à sa table le parti adverse comme le parti vaincu. Pensons, par exemple, au dîner « tout bœuf » du maréchal de Richelieu en 1757, pendant la guerre de Sept Ans. Il a donné ce repas extraordinaire composé autour…
