Stéphane Manigold : «Cantine scolaire et malbouffe, ce que mangent vraiment nos enfants»
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TRIBUNE - Un amendement, adopté en commission le 28 avril dernier dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole, doit permettre aux marchés d’intérêt national de servir de centrale d’achat aux cantines scolaires. Mais il pourrait être supprimé sous la pression des lobbies de la distribution et des grossistes, alerte le restaurateur.
Passer la publicitéStéphane Manigold est restaurateur, chef d’entreprise et dirigeant du groupe Éclore.
Posez la question à n’importe quel parent en France : quel est l’aliment le plus consommé par votre enfant à la cantine scolaire ? La réponse devrait vous glacer le sang. Ce n’est ni la viande ni les légumes de saison. C’est le pain. Nos gamins se gavent de morceaux de baguette pour calmer leur faim, tout simplement parce que le reste du plateau-repas industriel qu’on leur sert est trop souvent fade, standardisé et, disons-le crûment, immangeable.
C’est un véritable scandale d’État qui se joue tous les midis sous nos yeux. Un gâchis moral, financier et sanitaire monumental. Jugez plutôt : chaque année, 30 % des denrées achetées par nos collectivités territoriales terminent directement à la poubelle. Dans les établissements comme nos lycées, on jette allègrement l’équivalent de 0,68 € par plateau et par élève.
L’absurdité du système atteint d’ailleurs son paroxysme en Bretagne, où des associations…
