«Polycrise», «incel», «prompter»... 150 nouveaux mots entrent dans le Petit Larousse illustré
Par Romain Ferrier
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Pour son édition 2027, à paraître le 20 mai, le Petit Larousse illustré intègre en son sein 150 nouveaux mots.
Passer la publicité Passer la publicitéÀ chaque printemps, c’est le même rituel. Le Petit Larousse illustré 2027, dont la nouvelle édition paraît ce 20 mai, accueille 150 nouveaux mots. Selon Bernard Cerquiglini, linguiste et conseiller scientifique de l’ouvrage, ces entrées témoignent de «la vitalité et de la diversité de la langue française». Et d’ajouter: «Chaque entrée dans le dictionnaire est un signe des temps.» Le Petit Larousse illustré 2027 saisit ainsi l’essence de notre langage, qui décrit cette année un monde tourné vers l’inclusivité, la gastronomie, les maux de la société, l’écologie ou encore la francophonie.
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Une société qui s’ouvre à la différence
Passer la publicitéLe premier grand axe de cette édition est tourné vers l’inclusion. La langue, outil de visibilité par excellence, est le vecteur d’une reconnaissance grandissante des personnes longtemps marginalisées. Ainsi, «neuroatypique» ou «neurodivergent» désigne officiellement toute personne dont le fonctionnement neurologique diffère de celui du plus grand nombre, qu’il s’agisse de troubles du spectre autistique, de TDAH ou de troubles DYS. Son contraire, «neurotypique», fait simultanément son entrée. Le mot «spectre», au sens médical élargi, accompagne aussi cette évolution.
Le sport n’est pas en reste. «Goalball», discipline paralympique pratiquée par des athlètes malvoyants, et «sport assis», regroupant l’ensemble des handisports pratiqués en position assise, rejoignent le corpus. Côté dispositif, la «boucle à induction magnétique» (dont la mise à disposition est désormais obligatoire dans les établissements recevant du public en France) entre dans le dictionnaire, de même que le sigle «PAP», désignant le plan d’accompagnement personnalisé destiné aux élèves souffrant de troubles de l’apprentissage. Comme le résume Cerquiglini, «nommer, c’est rendre visible, donc inclure».
Les maux nommés sans détour
Cette édition intègre également les «maux de notre société», avec notamment la «soumission chimique», l’administration de substances à une personne à son insu dans un contexte d’agression sexuelle, ou encore «contrôle coercitif», l’emprise psychologique exercée de façon continue sur un conjoint. «Virilisme» et «incel» viennent compléter ce lexique des violences de genre.
La sphère mentale n’est pas oubliée. Le «défilement morbide», calqué sur l’anglais «doomscrolling», désigne cette pratique addictive consistant à faire défiler sans fin des contenus anxiogènes sur son téléphone. Le «traumatisme vicariant», trouble anxieux pouvant affecter les professionnels recueillant la parole des victimes, fait également son apparition. Quant à la «polycrise», la combinaison de plusieurs crises simultanées et interdépendantes dans des domaines aussi variés que le sanitaire, le climatique ou l’économique, elle résume à elle seule l’état de notre monde. Le «surtourisme», lui, est un mot qui permet de dénoncer les effets délétères d’une fréquentation touristique non régulée sur les habitants, l’environnement et le patrimoine.
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Passer la publicitéL’écologie et le numérique, deux mondes en transformation
Le vocabulaire environnemental s’enrichit également. L’«agrivoltaïsme», la combinaison de production agricole et d’énergie solaire sur une même parcelle, illustre les réponses pour une transition énergétique. L’«îlot de fraîcheur», espace urbain accessible en période caniculaire, s’impose comme une nouvelle réalité dans nos villes. Le «plogging», ce mot d’origine suédoise, et non anglaise, qui consiste à ramasser des déchets en courant rejoint ces vocables écologiques.
Du côté du numérique, «prompter», à savoir envoyer une instruction à une intelligence artificielle générative, fait une entrée remarquée, tout comme «infopreneur», ce professionnel qui monétise ses connaissances en ligne, et «créateur de contenu», locution appelée à supplanter le terme «influenceur».
La francophonie comme une source de richesse
Fidèle à sa vocation universelle, le Petit Larousse illustré 2027 puise également dans les ressources de la francophonie. Des termes venus d’Afrique, des Antilles, de La Réunion ou du Québec enrichissent l’ouvrage, comme «chéri-coco» (petit ami, en Afrique de l’Ouest et aux Antilles), «ziboulateur» (décapsuleur, en Afrique centrale), «dodine» (fauteuil à bascule, à la Martinique et en Haïti), ou encore «réduflation» (stratégie commerciale consistant à réduire la quantité d’un produit sans en baisser le prix), terme québécois calqué sur l’anglais «shrinkflation».
Passer la publicitéLa gastronomie, elle aussi, s’enrichit de termes venus du monde entier. Chaï (thé épicé venu d’Inde), chakchouka (plat de légumes mijotés d’origine maghrébine), edamame (jeunes fèves de soja à grignoter), kadaïf (pâtisserie filée orientale), rooibos (plante et infusion d’Afrique du Sud), ou encore tataki (technique japonaise de cuisson qui laisse l’intérieur cru) rejoignent un lexique culinaire du Petit Larousse illustré 2027. À employer sans modération.
