Airbus réclame des dommages et intérêts au motoriste américain Pratt & Whitney pour des retards de livraison
Par J.D.S et M.H.
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Pratt & Whitney, en difficulté depuis la découverte de défauts sur certains moteurs, «s’est retiré des commandes que nous avons passées et qu’il avait acceptées pour 2026», avait regretté en février le patron d’Airbus.
Passer la publicité Passer la publicitéLe bras de fer se durcit entre Airbus et Pratt & Whitney. Excédé par les retards de livraison du motoriste américain, l’avionneur européen a engagé une procédure pour lui réclamer des dommages et intérêts, a révélé jeudi l’agence de presse Reuters. Les difficultés de Pratt & Whitney, qui tiennent à des défauts de fabrication sur certains moteurs, pèsent sur la capacité d’Airbus à livrer de nouveaux avions.
Elles expliquent notamment l’écart entre l’ambition affichée d’Airbus en 2026 (livrer 870 avions commerciaux) et le consensus prévu par les analystes (895,74 avions livrés selon Bloomberg). «Nous publions des prévisions à ce stade de l’année avec les éléments dont nous disposons - des éléments décevants du côté de Pratt & Whitney - et nous continuerons à travailler», avait déploré en février le patron d’Airbus Guillaume Faury au cours d’une conférence de presse.
Passer la publicitéAirbus n’a pas trouvé d’accord avec Pratt & Whitney afin qu’il le livre prioritairement, plutôt que les compagnies aériennes. Au contraire, le motoriste «s’est retiré des commandes que nous avons passées et qu’il avait acceptées pour 2026», avait regretté en février le patron d’Airbus. Le différend entre les deux parties donne ainsi lieu à une plainte d’Airbus qui, si elle aboutissait, pourrait occasionner des dommages et intérêts d’un montant encore non précisé, ont indiqué des sources à Reuters.
Avions cloués au sol
Pratt & Whitney fait face à des difficultés depuis la découverte de défauts sur des moteurs GTF, notamment des anomalies dans les poudres métalliques utilisées pour des composants clés, qui peuvent entraîner une usure prématurée et des risques de fissures. Ces problèmes de durabilité imposent des inspections répétées et réparations lourdes qui immobilisent durablement de nombreux avions récents.
Ces moteurs défectueux immobilisant des avions «neufs ou presque» ont causé en 2025 une «perte brute» de 11,3 milliards de dollars aux transporteurs aériens, a estimé vendredi le directeur général de l'Iata, principale association mondiale de compagnies aériennes. «C'est essentiellement le problème des [moteurs] GTF de Pratt & Whitney. Beaucoup d'avions neufs ou presque neufs sont cloués au sol en attendant une réparation moteur», a déclaré Willie Walsh lors d'une rencontre organisée par l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE).
Selon une étude menée par l'Iata en 2025, «le coût global des perturbations pour le secteur en 2025 serait de l'ordre de 11,3 milliards de dollars», a-t-il indiqué. Il s'agit d'un «impact brut», a-t-il nuancé car la baisse de capacité liée aux avions immobilisés a aussi fait monter les prix des billets, compensant en partie le manque à gagner, sans que cet effet positif soit précisément mesuré. «Nous avons constaté des coûts de carburant supplémentaires significatifs parce que les compagnies font voler des avions plus anciens» ainsi que «des coûts de maintenance supplémentaires importants» et «un impact environnemental» car de tels avions consomment plus de carburant, selon lui.
