VOOZH about

URL: https://www.lefigaro.fr/societes/crash-du-vol-rio-paris-en-2009-airbus-et-air-france-condamnes-en-appel-pour-homicides-involontaires-20260521

⇱ Crash du vol Rio-Paris en 2009 : Airbus et Air France condamnés en appel pour homicides involontaires


Aller au contenu
Passer la publicité Passer la publicité

Crash du vol Rio-Paris en 2009 : Airbus et Air France condamnés en appel pour homicides involontaires

Par Le Figaro avec AFP

Ajouter Le Figaro
à vos sources préférées
👁 Crash du vol Rio-Paris en 2009 : Airbus et Air France reconnus «seuls et entièrement responsables» de l'accident en appel

Après des années de bataille judiciaire, la justice a finalement retenu la responsabilité pénale des deux groupes dans la catastrophe du vol AF447, disparu au-dessus de l’Atlantique avec 228 personnes à bord.

Passer la publicité Passer la publicité

Dans un revirement judiciaire, la cour d'appel de Paris a déclaré jeudi Air France et Airbus coupables d'homicides involontaires dans le crash du vol Rio-Paris en 2009, les déclarant «seuls et entièrement responsables» de l'accident le plus meurtrier de l'aviation française. Les deux sociétés, qui avaient été relaxées en première instance et se défendaient de toute faute pénale, ont été condamnées à la peine maximale de 225.000 euros d’amende pour ce crash qui a fait 228 morts. Une condamnation essentiellement symbolique mais qui ternit l’image des deux entreprises.

Le transporteur Air France a été déclaré coupable de ne pas avoir mis en œuvre une formation des pilotes adaptée aux situations de givrage des sondes Pitot, qui mesurent à l’extérieur de l’avion la vitesse de l’appareil, ni procédé à une information suffisante des équipages, ce que la compagnie a toujours démenti. Quant à Airbus, la justice lui reproche d’avoir sous-estimé la gravité des défaillances des sondes anémométriques et de n’avoir pas pris toutes les dispositions nécessaires pour en informer d’urgence les compagnies aériennes qui en étaient équipées, ce que le constructeur conteste également.

Passer la publicité

Après avoir demandé et obtenu la relaxe de la compagnie aérienne et du constructeur lors du premier procès, le ministère public avait opéré un revirement au terme des deux mois du procès en appel à l’automne et requis leur condamnation pour ce crash passé à la postérité par la célèbre photo de la dérive tricolore arrachée à l’avion flottant au milieu de l’océan Atlantique. «Rien n’est venu, aucune parole de réconfort sincère. C’est une défense en granit. Un seul mot résume tout ce cirque: l’indécence», ont fustigé les deux avocats généraux dans leur réquisitoire fin novembre. «Seize années pour venir raconter n’importe quoi et nous sortir des arguments de la manche ou du chapeau, c’est inadmissible de la part d’une compagnie».

Givrage de sondes

En première instance comme en appel, Airbus et Air France se sont farouchement défendus de toute responsabilité pénale. Pointant des mauvais choix faits par les pilotes dans l’urgence, le représentant d’Airbus a estimé à la barre que «les facteurs humains ont été pré-déterminants» dans l’accident. Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’abîme en pleine nuit dans l’Atlantique, quelques heures après son décollage, entraînant la mort de ses 216 passagers et 12 membres d’équipage. A bord de l’A330 immatriculé F-GZCP se trouvent des personnes de 33 nationalités, dont 72 Français et 58 Brésiliens. Les boîtes noires ont confirmé le point de départ de l’accident: le givrage des sondes de vitesse Pitot alors que l’avion volait à haute altitude dans la zone météo difficile du «Pot au noir», près de l’équateur.

Pour le parquet général au procès, les fautes d’Airbus et d’Air France sont «caractérisées» et ont «concouru, de façon certaine, à la survenance du crash aérien». «Cette condamnation jettera l’opprobre, un discrédit sur ces deux compagnies» et «doit résonner comme un avertissement», avait estimé à l’audience l’an dernier l’avocat général Rodolphe Juy-Birmann. À l’issue du procès en première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé en 2023 sur le plan pénal Airbus et Air France, tout en reconnaissant leur responsabilité civile. Il avait considéré que si des «imprudences» et «négligences» avaient été commises, «aucun lien de causalité certain» n’avait «pu être démontré» avec ce crash.

La rédaction vous conseille

Crash du vol Rio-Paris en 2009 : Airbus et Air France condamnés en appel pour homicides involontaires

S'ABONNER

Sauvegarder un article

Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils.

S'abonner
Passer la publicité Passer la publicité
174 commentaires
  • E6O8

    le

    Les pilotes étaient des boucs émissaires (trop) faciles, n'étant plus là pour se défendre.
    ● Les principaux responsables en ont profité pour se défausser sur eux.
    ● Ils ont ainsi fait longtemps porter aux pilotes un gigantesque sombrero.
    .
    Mais comme souvent en matière de catastrophes aériennes, les responsabilités sont multiples.
    ● Chaque maillon de la chaîne porte en vérité une part de celles-ci, mais cherche naturellement à se défausser sur les autres.
    ● Le rapport judicaire est bien plus objectif et équilibré que ceux du BEA, lequel est en fait à la fois juge et partie et a souvent pêché par omission.
    ● Il permet de rétablir l'ensemble de la chaîne de responsabilités. Cette chaîne de responsabilités est en fait connue, dans ces principales lignes, depuis 2011.
    Mais il aura fallu 15 ans pour que cette vérité technico-judiciaire puisse se manifester enfin.

  • E6O8

    le

    1/ Les pilotes :
    a) Ils ont commis une faute en poursuivant leur route au travers d'un cumulo-nimbus, nuage dangereux que tout pilote doit éviter, et que tous les autres avions sur zone ont prudemment préféré le contourner.
    A leur décharge, le rapport météo qui leur a été fourni avant le départ ne signalait aucune difficulté particulière, et leur radar ne l'a peut-être pas détecté.
    b) Ils se sont obstinés à appliquer une procédure inefficace, commandant des manœuvres (majoritairement) à cabrer, oubliant les fondamentaux du pilotage dictant de piquer.
    A leur décharge, le Plan Horizontal Réglable (PHR), commandé par l'ordinateur de bord, s'est retrouvé en butée à cabrer 13° pendant toute la chute, interdisant au pilote de réaliser une manœuvre à piquer efficace, qui seule aurait éventuellement pu sauver l'appareil.
    .
    2/ La compagnie Air-France qui n’a pas:
    a) Transmis aux autorités les rapports sur les incidents en vol, impliquant les sondes Pitot.
    b) Demandé à Airbus le remplacement de ces sondes par des sondes Goodrich, pourtant réputées bien moins sensibles au givrage.
    c) Fait équiper ses avions avec le système BUSS (indicateur back up de vitesse) contrairement à la plupart des autres compagnies.
    d) Défini une procédure (IAS douteuse) appropriée, pour traiter cette défaillance des sondes Pitot: la procédure a dû être changée en urgence.
    e) Formé ses pilotes à ce cas de panne ni à la récupération du décrochage qui pouvait s'ensuivre.

  • E6O8

    le

    3) Les autorités de certification & de sécurité
    -----------------------------------------------
    Ces autorités, et notamment le BEA, sont à la fois juges et parties et leur impartialité a souvent été mise en défaut :
    a) Elles ont certifié des sondes trop sensibles au givrage, ainsi qu'un avion incapable de tolérer la panne de ces mêmes sondes.
    Faute d'améliorations significatives de leur conception, ces matériels auraient dû être interdits de vol.
    .
    b) Elles n'ont pas tenu compte du REX sur les sondes Pitot Thalès.
    Selon une étude initiée par l'EASA, l'agence de sécurité en Europe, sur 32 incidents dus au blocage des sondes Pitot, répertoriés sur la flotte mondiale entre 2003 et 2009, 28 impliquent les sondes Thales (26 AA et 2 BA) et 1 seul la sonde Goodrich (3 cas restant non explicités)...
    .
    c) Elles n'ont pas émis vers AIRBUS les recommandations nécessaires, quant aux modifications indispensables à la garantie de la sécurité de vols sur ses appareils. D'ailleurs, après la catastrophe les sondes Pitot Thalès incriminées ont été changées en urgence sur tous les appareils.
    Ces rétrofits ont en fait été engagés avant la catastrophe mais trop tard pour l'AF447 : le rythme s'est très brutalement accéléré depuis, preuve que ces sondes étaient bien la cause racine de l'accident, et que les autorités de sécurité ont singulièrement manqué de réactivité et de professionnalisme dans le traitement de ces anomalies.

Passer la publicité
À lire aussi

Sur le même thème

Plus de services
Vous avez choisi de refuser les cookies
Et pourtant, la publicité personnalisée est un moyen de soutenir le travail de notre rédaction qui s’engage à vous proposer chaque jour une information de qualité. En acceptant les cookies, vous pourrez accéder aux contenus et fonctionnalités gratuites que propose notre site.

À tout moment, vous pouvez modifier vos choix via le bouton “paramétrer les cookies” en bas de page.

ou Refuser et s'abonner